Pour une économie plus libre, plus dynamique et plus compétitive

Publiée le 10 mai 2016

Le 17 septembre 2006, j’ai prononcé ce discours sur la liberté économique, l’importance de l’entrepreneurship et le rôle du gouvernement lors de l’Assemblée annuelle de la Chambre de commerce du Canada à Saskatoon. -- 7 avril 2009

Avant de commencer, permettez-moi de saluer le travail exceptionnel qu’accomplissent la chambre de commerce et ses membres. Cette Chambre sert de lien essentiel entre le gouvernement et les dizaines de milliers d’entrepreneurs et d’innovateurs canadiens – qui constituent le coeur du moteur économique du Canada. Car l’esprit d’entreprise est un des éléments clés de la prospérité pour toutes les Canadiennes et tous les Canadiens. À mes yeux ce principe est primordial, il est même vital pour notre économie. Et c’est de cela que je souhaite vous entretenir aujourd’hui.

La première chose que vous devriez savoir à mon sujet c’est que je suis originaire de la Beauce, une région située le long de la rivière Chaudière au sud de la ville de Québec. La Beauce est unique au Québec – elle est reconnue comme la région la plus entrepreneuriale de la province. Plusieurs des gens d’affaires les mieux connus du Québec sont originaires de la Beauce.

C’est aussi dans cette région que j’ai appris les valeurs qui vont de pair avec l’esprit d’entreprise : la liberté individuelle, l’intégrité, la responsabilité, l’autonomie. Quand je défends la liberté économique et l’esprit d’entreprise, je défends ce qui pour moi constitue les valeurs beauceronnes, c’est-à-dire, les valeurs de ma Beauce natale.

J’ai grandi en croyant que lorsqu’ils sont libres de créer, d’innover et de récolter le fruit de leur travail, tous les êtres humains auront tendance à présenter certaines des qualités des entrepreneurs. Et qu’en adoptant ces idéaux, nous réussirons à rendre le monde meilleur non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour tous les autres.

Habituellement, quand on pense aux entrepreneurs, on imagine des gens d’affaires qui conçoivent de nouveaux produits et qui investissent dans des projets risqués. Or, cette définition est plutôt réductrice. Car l’esprit d’entreprise est une façon de voir la vie. C’est la capacité de percevoir les occasions qui s’offrent dans votre environnement et de les exploiter, de créer quelque chose de nouveau ou d’améliorer quelque chose.

Vous pouvez être entrepreneur dans votre propre sphère d’activité, car il y a toujours quelque chose à améliorer, peu importe ce que l’on fait. Le coiffeur qui trouve le moyen d’adapter de nouveaux styles de coiffure à différentes formes de tête est un entrepreneur. Le travailleur industriel qui réussit à assembler plus rapidement une machine est un entrepreneur. L’enseignant qui utilise le jeu pour intéresser ses élèves aux mathématiques est aussi un entrepreneur.

Tous ces gens créent quelque chose qui représente une grande valeur. Ils le font non seulement parce qu’ils peuvent gagner plus d’argent, mais aussi parce que cela rend leur emploi plus intéressant; parce que cela donne un sens à leur vie; parce qu’ils croient qu’ils peuvent faire une différence. C’est pourquoi les gouvernements de tous les paliers doivent appuyer les entrepreneurs, au lieu de les punir en leur infligeant des impôts tueurs d’emplois et de les inonder de tracasseries administratives.

Le rêve que je caresse pour le Canada consiste à faire du 21e siècle le siècle de l’individu, le siècle de l’entrepreneur. Un siècle de liberté et de prospérité inégalées. Or, à titre de ministre canadien de l’Industrie, je suis en mesure d’exercer un peu d’influence afin de concrétiser ce rêve. J’ai déjà commencé à travailler à l’atteinte de cet objectif.

Vous savez probablement que, plus tôt cette année, j’ai déposé au parlement un projet d’instruction en matière de politique à l’intention du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, le CRTC. C’est la première fois depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur les télécommunications, il y a près de quinze ans, qu’une telle instruction a été donnée au CRTC. Elle signifie que nous avons l’intention de donner au CRTC l’instruction de se fier autant que possible au libre jeu du marché pour exercer son mandat. Lorsqu’il sera nécessaire d’imposer des règlements, nous voulons faire en sorte qu’ils nuiront le moins possible au libre jeu du marché.

Il en résultera que le coût et le fardeau d’observation des règlements seront plus faibles, que les démarches réglementaires seront moins nombreuses et que les marchés seront plus compétitifs. Et c’est ainsi que l’environnement commercial sera plus compétitif et que les Canadiennes et les Canadiens obtiendront plus de choix, des prix moins élevés et de meilleurs services.

En juin, j’ai rencontré mes homologues américain et mexicain pour inaugurer officiellement le Conseil nord-américain de la compétitivité. Cet organisme a pour mandat de présenter aux gouvernements des recommandations sur de grands enjeux comme l’efficacité de nos frontières et la réduction de la réglementation, ainsi que l’accroissement de la compétitivité de certains secteurs clés. J’ai bien hâte de recevoir les recommandations des entrepreneurs, membres du Conseil, qui savent mieux que quiconque comment stimuler la productivité d’une économie.

La semaine dernière, j’ai rencontré mes homologues provinciaux et territoriaux, à Halifax, pour discuter de moyens qui nous permettraient de renforcer l’union économique du Canada. De nos jours, dans le contexte de la mondialisation, les barrières commerciales interprovinciales n’ont plus aucun sens. Les discussions auxquelles j’ai participé, avec mes collègues des provinces, m’ont beaucoup encouragé. Nous nous sommes entendus sur un ambitieux plan d’action qui améliorera considérablement la mobilité de la main-d’oeuvre et qui permettra aux Canadiennes et aux Canadiens de travailler et d’habiter n’importe où au Canada, sans aucune restriction, à compter du 1er avril 2009.

À titre de ministre canadien de l’Industrie et de membre du nouveau gouvernement du Canada, je pense que nous devons mettre en place des conditions qui permettront à toutes les petites entreprises de réaliser leurs objectifs. Nous devons soutenir nos entrepreneurs et libérer leurs capacités d’inventer, d’investir et de réussir.

Notre gouvernement partage votre objectif de favoriser l’éclosion d’un environnement économique fort et compétitif dont le Canada et toutes les Canadiennes et tous les Canadiens peuvent bénéficier. C’est pourquoi la priorité absolue du budget consiste à instaurer un régime fiscal plus compétitif. Nous voulons créer un environnement qui encourage l’investissement et qui appuie une économie plus productive.

Nous avons réduit la TPS. Nous avons réduit le taux d’imposition du revenu des particuliers à l’échelon le plus faible. Le montant que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens peuvent gagner sans verser d’impôt fédéral sur le revenu sera augmenté, chaque année, et ce, pour 2005, 2006 et 2007.

Nous avons inauguré le crédit canadien pour emploi, qui s’élève à 1 000 dollars, afin de réduire les coûts que les Canadiennes et les Canadiens doivent assumer pour travailler, et afin de tenir compte de dépenses comme l’achat d’un ordinateur familial, d’uniformes, et d’autres fournitures.

Nous avons allégé le fardeau fiscal des entreprises, surtout celui des petites entreprises – qui sont les plus importants créateurs d’emplois et de richesse au Canada. À compter de l’année prochaine, le seuil en dessous duquel le revenu des petites entreprises sera admissible à un taux d’imposition fédéral inférieur passera de 100 000 à 400 000 dollars. Le taux de 12 p. 100 appliqué aux revenus des petites entreprises admissibles diminuera en tout d’un point de pourcentage au cours des trente prochains mois.

Nous avons éliminé l’impôt fédéral sur le capital, deux ans plus tôt que prévu; la surtaxe des sociétés sera abolie en 2008, et d’ici 2010, le taux général d’impôt des sociétés du Canada aura diminué de 2 points de pourcentage.

Dans le Budget de 2006, nous avons aussi fait de l’allégement du fardeau de la paperasserie imposé aux petites et moyennes entreprises une priorité. Tout comme la Chambre de commerce du Canada, le gouvernement du Canada reconnaît que le temps, c’est de l’argent, surtout quand il est question de réglementation.

Nous travaillons avec des partenaires comme la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et l’association des Manufacturiers et Exportateurs du Canada pour que l’Initiative d’allégement du fardeau de la paperasserie donne des résultats concrets. Nous rationalisons divers processus et, à titre de ministre responsable du dossier, j’ai la ferme intention de travailler au sein du gouvernement fédéral et avec nos partenaires des provinces et des territoires à accélérer la réforme de la réglementation.

De plus, nous poursuivons l’amélioration de PerLE en travaillant avec nos partenaires des provinces, des territoires et des municipalités afin que les gens d’affaires puissent facilement accéder aux processus d’obtention de permis et de licences pour tous les paliers du gouvernement.

Pour améliorer l’environnement des entreprises, il faut aussi intensifier nos relations commerciales avec d’autres pays. Nous avons déjà fait un pas important pour améliorer la relation de travail avec les Américains. Notre plus grand partenaire commercial et notre meilleur allié. Nous avons conclu une entente avec les États-Unis pour mettre un terme à l’interminable différend sur bois d’ouvre. En mettant fin à l’incertitude dans laquelle était plongée l’industrie, cette entente permettra aux entreprises d’innover, d’investir et de se développer.

Nous renforçons également nos relations existantes avec la Chine, qui connaît le deuxième plus fort taux de croissance et notre deuxième plus grand partenaire commercial national. Nos nations profitent d’un partenariat commercial mutuellement avantageux et durable et nous continuerons de développer cette importante relation.

Ce ne sont que quelques exemples de ce que nous avons accompli. Et ce n’est pas terminé.

Depuis trop longtemps dans ce pays, nous avons eu trop de gouvernement sur notre dos et trop de gouvernement dans nos poches. Le rôle du gouvernement n’est pas de créer un environnement qui punit ceux qui travaillent plus et font plus d’argent, mais plutôt un environnement qui les encourage.

Comme Ronald Reagan l’a déjà dit, le rôle du gouvernement n’est pas: si ça bouge, taxez-le; si ça continue à bouger, réglementez-le; et si ça cesse de bouger, subventionnez-le. De bonnes politiques publiques donnent aux gens l’opportunité de regarder vers l’avenir, de rêver et de réaliser leurs rêves. Voilà ce que signifie vivre dans un pays attrayant et libre.

Aujourd’hui, je vous ai parlé de valeurs que je sais que vous partagez. Je ne vous demande pas de croire en vous, puisque vous le faites déjà. Je ne vous demande pas d’être des entrepreneurs car vous l’êtes. Par contre, je vous demande de travailler avec moi et mes collègues du nouveau gouvernement du Canada pour construire une économie plus libre, plus dynamique et plus compétitive.

Mesdames, Messieurs, entrepreneurs, je vous remercie.