Choisir l’alternative de principe

Publiée le 10 novembre 2018

Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada

Conférence The Rebel Live

Calgary, 10 octobre 2018

(Remerciements)

Vous savez probablement que l’un de mes surnoms, outre « Mad Max », est « l’Albertain du Québec ». C’est toujours un plaisir de revenir ici à Calgary pour renouer avec mes racines albertaines!

Et c’est encore plus agréable d’être dans une salle remplie de vrais conservateurs albertains. C’est comme être au paradis du conservatisme!

Juste pour s’assurer qu’il n’y a pas de malentendu ici : je parle bien sûr d’un conservatisme de principe, et non du Parti conservateur!

Je crois comprendre que le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a décliné l’invitation d’Ezra à prendre la parole devant cette salle.

Et comme vous le savez tous, lors du congrès du parti à Halifax en août, les journalistes du Rebel ont été interdits. Pas assez respectables selon eux.

Ce qui signifie que vous aussi, dans cette salle, participants à cette conférence, êtes considérés comme non respectables par le leadership conservateur.

Cela devrait soulever certaines questions. Le Parti conservateur du Canada défend-il toujours des principes conservateurs?

Vous connaissez ma réponse à cela. C'est non. C’est pourquoi j’ai démissionné en août et créé un nouveau parti.

Je suis pas mal sûr que certains d’entre vous dans cette salle ne sont pas heureux de mon départ du Parti conservateur.

Vous croyez peut-être que j'aurais dû rester et pousser mes idées au sein du parti. Que nous aurions dû rester unis pour battre les libéraux de Trudeau l'année prochaine.

J'ai essayé de faire cela pendant plus d'un an, sans succès. Et mon plan était de continuer, jusqu'à quelques jours avant ma démission.

Lorsque mes tweets sur le multiculturalisme radical ont créé une tempête début août, je pensais exprimer une opinion partagée par presque tous les conservateurs.

Nous devons nous opposer à ces folies politiquement correctes qui détruisent notre société et notre culture. Mais la réaction de mes collègues conservateurs a été universellement négative.

Et puis, dans une conversation téléphonique, Andrew Scheer m'a dit que je ne représentais pas le parti et que mes idées n'étaient pas les bienvenues. Il a répété la même ligne publiquement. Et on m'a dit de soit me taire et de rentrer dans le rang, ou bien de partir.

Cela n'aurait dû surprendre personne. Andrew joue au même jeu de racolage que Trudeau.

Est-ce que vous le suivez sur Twitter ou Facebook? Tous les deux ou trois jours, il souhaite une joyeuse fête de l'indépendance, ou envoie d’autres souhaits associés à une fête quelconque d’un autre pays, aux Canadiens qui ont immigré ici en provenance de ces pays. On ne dirait pas qu’il veut devenir le premier ministre du Canada, mais plutôt le secrétaire général des Nations Unies.

Cette façon de faire de la politique est celle de Trudeau. Il se concentre sur ce qui nous divise au lieu de faire appel à notre identité commune et de nous traiter avant tout comme des Canadiens. Ce n’est pas la façon conservatrice.

Alors, qu'est-ce que j'aurais dû faire? Il arrive un moment où il faut choisir. Choisir de suivre les autres dans la mauvaise direction. Ou choisir d'être fidèle à soi-même, fidèle à ses principes et loyal envers toutes les personnes qui vous soutiennent.

J'ai choisi l'alternative de principe. Et j'espère vous convaincre de faire la même chose.

Je suis sûr que personne ici n’a besoin d’être convaincu qu’il faut se débarrasser des libéraux de Trudeau. Ezra et son équipe font un travail fantastique en s’attaquant aux politiques désastreuses de Trudeau.

Le seul débat important d’un point de vue véritablement conservateur est le suivant : qui est le mieux placé pour le remplacer? Nous avons moins d'un an pour décider.

Andrew Scheer n'est pas cette personne. Pour toute une série de raisons qui différencient maintenant le vieux Parti conservateur du Parti populaire.

Raison # 1: Racolage auprès des groupes d'intérêt

Parlons de la gestion de l’offre. Je sais, vous en avez assez d’entendre parler de ça! Mais c’est un sujet incontournable.

C’est le système socialiste mis en place par Pierre Trudeau dans les années 1970 qui protège 13 000 agriculteurs millionnaires. Il oblige les familles canadiennes à payer des centaines de dollars de plus chaque année pour la volaille, les œufs et les produits laitiers.

C’est un cartel légalement autorisé à fixer des prix. C’est le contraire du marché libre.

Il n’y a absolument aucune raison pour un parti conservateur d’appuyer un tel système, mis à part le fait que dans quelques circonscriptions rurales, principalement au Québec et en Ontario, le vote de ceux qui profitent de la gestion de l'offre peut influencer les résultats.

Ce n’est pas la question économique elle-même qui est si importante. C’est important parce que c’est un test décisif.

Si vous ne pouvez pas résister à la pression du cartel de la gestion de l'offre, comment pourrez-vous résister à la pression de tous les autres puissants groupes d'intérêts? Ceux qui exigent des subventions, des tarifs douaniers, une protection contre la concurrence, des privilèges juridiques et divers autres avantages de la part du gouvernement, au détriment de 37 millions de Canadiens? Vous ne pourrez pas.

J’ai été absolument clair à ce sujet : le Parti populaire proposera des politiques favorables à TOUS les Canadiens. Il résistera aux pressions des groupes d’intérêts. Je sais que cela peut nous faire perdre des votes. Mais comment pouvons-nous restaurer une véritable démocratie si personne ne veut prendre ce risque?

Andrew veut continuer à jouer à ce jeu. C’est pourquoi j’ai qualifié le Parti conservateur de « trop corrompu intellectuellement et moralement pour pouvoir être réformé ». Le Parti populaire est l’alternative fondée sur des principes.

Raison # 2: Immigration

Nous sommes tous d'accord pour dire que nous sommes un pays construit sur l'immigration. Mais l'immigration de masse provoque une réaction négative partout.

Nous avons besoin d’une politique d’immigration durable pour répondre aux besoins économiques du Canada.

Notre politique d'immigration ne devrait pas viser à modifier de force le caractère culturel et le tissu social du Canada, comme le souhaitent les partisans radicaux du multiculturalisme.

La grande majorité des Canadiens s'attendent à juste titre à ce que les immigrants se familiarisent avec notre histoire et notre culture, maîtrisent l'une de nos langues officielles et adoptent des valeurs canadiennes largement partagées.

Sous le gouvernement Harper, le Canada accueillait en moyenne 250 000 immigrants chaque année. Sous les libéraux, ce nombre devrait atteindre 350 000, voire plus. Le conseil consultatif de Trudeau a suggéré d’aller jusqu’à 450 000 par an.

Plus il y aura d'immigrants, plus il sera difficile de les intégrer dans notre société, et plus grandes seront les perturbations sociales et culturelles.

49% des Canadiens disent qu'ils veulent des seuils d’immigration plus bas. J'ai été très clair en disant que je veux revenir à la moyenne des années Harper. Le Parti conservateur sous Andrew Scheer n'a pas proposé de chiffre. Ils veulent faire des études et décider plus tard.

Sur des questions telles que l'immigration et le multiculturalisme, ils ne sont tout simplement pas disposés à faire contrepoids au discours dominant de gauche. Ils ont peur de créer des controverses.

Je n’ai pas peur d’aborder des questions controversées. C’est la raison pour laquelle le Parti populaire est l’alternative de principe.

Raison # 3 : BS d’entreprise

Êtes-vous fatigué de payer des impôts pour renflouer Bombardier, Chrysler et GM? Et pour financer les supergrappes, le développement des exportations, l’adoption de nouvelles technologies et toutes sortes d’autres programmes bureaucratiques destinés à soutenir les entreprises?

Presque tous les économistes s'accordent pour dire que l’aide aux entreprises ne rend pas notre économie plus productive. Soit une entreprise est bien gérée et rentable, et elle n’a pas besoin de l’aide du gouvernement. Soit elle est mal gérée et non rentable, et ne devrait pas obtenir l’aide du gouvernement.

Abolir le BS d’entreprise devrait être l’une des politiques les moins controversées d’un parti conservateur. Ça ne sert qu’à acheter des votes avec l’argent des contribuables.

Je propose de supprimer tous les programmes d’aide aux entreprises, y compris les agences régionales de développement. Et réduire les impôts pour toutes les entreprises à la place.

Andrew Scheer ne dénonce jamais le BS d’entreprise. Il a plutôt proposé d'utiliser plus efficacement ces agences régionales pour acheter des votes en nommant un ministre de la région pour chacune d'elles. Là encore, le Parti populaire est l’alternative fondée sur des principes.

Raison # 4 : Changement climatique

L’ONU a récemment publié un autre rapport annonçant la fin du monde d'ici quelques années, à moins que nous ne mettions essentiellement la clé dans une bonne partie de notre économie.

Je reconnais que la plupart des scientifiques disent que l'activité humaine est responsable du réchauffement. Mais certains scientifiques ont également déclaré que d'autres facteurs, tels que le soleil, avaient davantage d'impact sur les changements climatiques.

Je ne suis pas un scientifique. Je ne vais pas décider qui a raison.

Ce que je sais, c'est que nous n'allons pas détruire notre économie. Au contraire, si le réchauffement de la planète s'aggrave, ce qui reste incertain, nous devons être plus riches pour pouvoir mieux nous y adapter. Seul un changement technologique progressif nous permettra de faire une transition vers d’autres sources d’énergie.

De toute façon, quoi que nous fassions ici au Canada, cela n'aura aucun effet sur le climat mondial. La taxe sur le carbone des libéraux n’est pas seulement mauvaise pour notre économie, elle n’est que du signalement de vertu hypocrite.

Andrew Scheer est opposé à la taxe sur le carbone des libéraux. Mais la première chose qu’il a faite après être devenu leader l’an dernier a été de fouetter son caucus pour qu’il vote en faveur de l’Accord de Paris sur les changements climatiques. Et il dit qu'il aura bientôt un plan pour atteindre les objectifs de réduction de CO2 prévus dans l’Accord.

L'Accord de Paris engage également le Canada et les autres pays riches à transférer des milliards de dollars aux pays pauvres pour les aider à lutter contre les changements climatiques. C’est un gigantesque programme de redistribution de la richesse.

Je suis le seul politicien à Ottawa qui promet de sortir le Canada de l’Accord de Paris. Et qui n’ajoutera aucune nouvelle taxe, réglementation ou subvention à tous les programmes qui existent déjà pour lutter contre les changements climatiques.

C’est une autre preuve que le Parti populaire est l’alternative de principe.

Raison # 5 : La péréquation

Je sais que c’est l’un de vos sujets préférés! Vous en avez marre de payer pour ce programme simplement pour voir les milliards de dollars s’en aller vers d’autres provinces. En tant que Québécois, je peux vous dire que je ne suis pas fier de vivre dans une province qui en est bénéficiaire depuis un demi-siècle.

Le programme de péréquation est injuste pour les provinces qui ne reçoivent jamais d’argent. Et il est injuste et inefficace pour les provinces bénéficiaires, car il est conçu comme une trappe à pauvreté.

Cela les encourage à maintenir des impôts élevés et à intervenir davantage dans leur économie. Elles ne sont pas aussi incitées qu’elles devraient l’être à rendre leurs économies plus compétitives, car une croissance accrue du secteur privé se traduira par moins de transferts de péréquation.

Avez-vous entendu Andrew Scheer faire ce genre de critique? Non. Et vous ne l’entendrez pas. Il a trop peur de toucher à la question. Lorsque la formule de péréquation a été renouvelée sans changement cet été, j’ai été le seul politicien à Ottawa à réagir.

Je viens du Québec et je n’ai pas peur d’ouvrir ce débat. Si cela ne vous convainc pas que le Parti populaire est l’alternative de principe, je ne sais pas ce qui pourra vous convaincre.

Le Parti populaire propose de nombreuses autres solutions qui remettent en question le statu quo :

  • Abolir l'aide étrangère et économiser les 5 milliards de dollars que nous dépensons chaque année pour plutôt aider les Canadiens;
  • Une politique étrangère axée sur la sécurité et la prospérité des Canadiens, au lieu de cherche à plaire à l’organisation dysfonctionnelle qu’est l’ONU;
  • Éliminer les crédits d’impôt ciblés et réduire les impôts des particuliers;
  • Permettre aux provinces d'expérimenter la prestation privée de soins de santé dans le cadre d'un système universel financé par l'État, comme l'ont fait les pays européens, afin d'éliminer les longues listes d'attente;
  • Privatiser Postes Canada;
  • Ouvrir complètement les secteurs des télécommunications et du transport aérien à la concurrence étrangère pour obtenir de meilleurs services et des prix plus bas.

Sur ces questions et beaucoup d'autres, le Parti conservateur n'a rien de spécifique à offrir.

Défendre des principes clairs

Sur l’en-tête de mon ancien blogue, une phrase a résumé pendant de nombreuses années mon approche de la politique : « Si nous voulons que les principes conservateurs gagnent la bataille des idées, nous devons les défendre ouvertement, avec passion et conviction. »

Je défends les mêmes principes de gouvernement limité depuis que je suis entré en politique il y a 12 ans. Les solutions spécifiques que j’ai proposées lors de la course à la chefferie sont celles qui forment la base du programme du Parti populaire.

Avec moi, il n’y a pas de confusion : vous savez où je m’en vais.

Qu'en est-il des conservateurs d'Andrew Scheer? Un an et demi après être devenu leader, Scheer reste un inconnu. La plupart des Canadiens ne le connaissent pas et ne savent pas ce qu’il représente vraiment. Le parti doit faire de la publicité à la télévision pour que les Canadiens sachent qui il est.

Nous savons qu’il est contre la taxe sur le carbone, contre les migrants illégaux et pour les pipelines. C’est bien, nous sommes tous d’accord avec ça. Mais quoi d'autre?

Le Parti conservateur n’a toujours pas de plateforme pour les élections de l’année prochaine. Ils n'arrêtent pas de dire qu'ils vont en dévoiler des morceaux dans les mois à venir.

Savez-vous pourquoi ce n’est pas prêt? C’est parce qu’ils font encore des sondages et des groupes de discussion, voilà pourquoi. Ça n’a rien à voir avec les principes, mais plutôt avec le racolage politique.

Ils essaient de déterminer les types de promesses faites à des groupes spécifiques et à des tranches d’électeurs qui leur rapporteront le plus de votes. Et les slogans qui susciteront les réactions les plus positives.

Toute leur approche est fondée sur des tour de passe-passe électoraux. C’est comme ça que les conservateurs font de la politique. Tout comme les libéraux.

Mon approche est l'exact opposé. Je crois que nous devons être sur le terrain, tout le temps, avec les mêmes idées et politiques franches. Avant, pendant et après les élections.

C’est ainsi que plus de Canadiens les comprendront, les approuveront et les soutiendront.

C’est de cette façon que l’on pourra contrer la rectitude politique. Contre le récit prédominant de la gauche qui tente de dépeindre nos idées comme illégitimes.

Scheer ne sera jamais un vendeur efficace pour des idées conservatrices.

Si vous ne me croyez pas, écoutez ce qu’il dit.

Dans une entrevue accordée au Toronto Sun la semaine dernière, Scheer a déclaré que les libéraux se sont tellement déplacés vers la gauche que, et je cite : « Nous avons une occasion de dire que nous sommes un parti centriste pragmatique avec de la place pour de nombreux points de vue différents sur un tas de questions différentes ».

Eh oui. Pragmatique. Centriste. Beaucoup de points de vue différents. Pas de principe. Aucune direction cohérente. Demandez ce que vous voulez, il vous le donnera.

Cela ressemble-t-il aux vraies solutions conservatrices dont vous voulez entendre parler? Je ne pense pas.

Il faut dire que son argument se tient. Le NPD est allé si loin vers la gauche qu’il est en dehors du spectre politique. Les libéraux sont la nouvelle gauche. Les conservateurs se déplacent vers le centre pour les remplacer.

Cela signifie que le Parti populaire est désormais le seul parti à occuper la droite de l’échiquier politique. Le Parti populaire est l’alternative de principe.

Conclusion

J'espère qu'à présent, vous êtes au moins convaincus qu'il existe des différences majeures entre le Parti conservateur et le Parti populaire.

Et que si vous voulez soutenir un parti qui défendra de vrais principes conservateurs, vous devez voter pour nous.

Il y a un autre argument que beaucoup de gens soulèvent encore : seuls les conservateurs sont assez forts pour gagner. Voter pour le Parti populaire divisera le vote et aidera Trudeau à être réélu.

Regardons les faits.

Malgré le bilan désastreux de Trudeau, malgré le voyage en Inde, les déficits plus importants que promis, les attaques contre les petites entreprises, la taxe sur le carbone, la crise des migrants illégaux, les divers scandales éthiques; malgré tout ça, les libéraux sont toujours en avance dans les sondages. Scheer est derrière Trudeau dans presque tous les sondages depuis un an et demi.

Il n’est pas capable de vendre les idées conservatrices. Et il est un mauvais vendeur pour des idées pragmatiques et centristes. Il ne va tout simplement pas gagner.

Alors que le Parti conservateur stagne, le Parti populaire se développe rapidement. Nous ne sommes plus dans les années 1980 et au début des années 1990, avant l’internet, quand il a fallu des années pour que le Parti réformiste s’établisse. Ce qui prenait alors des années prend des semaines aujourd'hui.

Nous aurons des associations dans toutes les circonscriptions d’ici la fin de l’année. Les candidats de chaque circonscription seront choisis au début de l'année prochaine. Nous serons prêts.

Il peut arriver beaucoup de choses en un an. Emmanuel Macron a quitté le Parti socialiste pour en fonder un nouveau un an avant son élection à la présidence de la France.

C’est pourquoi je vous dis que vous pouvez avoir les deux : vous débarrasser de Trudeau ET élire un véritable parti conservateur pour remplacer Justin Trudeau l'année prochaine.

Votez pour vos valeurs et vos principes. Votez pour ce en quoi vous croyez. ET votez de manière stratégique. Choisissez l’alternative de principe, le Parti populaire.

Merci.